|
|
September 25
Une touche de poésie pour accueillir l'automne qui est là depuis avant hier !
Bonne lecture !
Automne
Le vent tourbillonnant, qui rabat les volets, Là-bas tord la forêt comme une chevelure. Des troncs entrechoqués monte un puissant murmure Pareil au bruit des mers, rouleuses de galets.
L'Automne qui descend les collines voilées Fait, sous ses pas profonds, tressaillir notre coeur ; Et voici que s'afflige avec plus de ferveur Le tendre désespoir des roses envolées.
Le vol des guêpes d'or qui vibrait sans repos S'est tu ; le pêne grince à la grille rouillée ; La tonnelle grelotte et la terre est mouillée, Et le linge blanc claque, éperdu, dans l'enclos.
Le jardin nu sourit comme une face aimée Qui vous dit longuement adieu, quand la mort vient ; Seul, le son d'une enclume ou l'aboiement d'un chien Monte, mélancolique, à la vitre fermée.
Suscitant des pensées d'immortelle et de buis, La cloche sonne, grave, au coeur de la paroisse ; Et la lumière, avec un long frisson d'angoisse, Ecoute au fond du ciel venir des longues nuits...
Les longues nuits demain remplaceront, lugubres, Les limpides matins, les matins frais et fous, Pleins de papillons blancs chavirant dans les choux Et de voix sonnant clair dans les brises salubres.
Qu'importe, la maison, sans se plaindre de toi, T'accueille avec son lierre et ses nids d'hirondelle, Et, fêtant le retour du prodigue près d'elle, Fait sortir la fumée à longs flots bleus du toit.
Lorsque la vie éclate et ruisselle et flamboie, Ivre du vin trop fort de la terre, et laissant Pendre ses cheveux lourds sur la coupe du sang, L'âme impure est pareille à la fille de joie.
Mais les corbeaux au ciel s'assemblent par milliers, Et déjà, reniant sa folie orageuse, L'âme pousse un soupir joyeux de voyageuse Qui retrouve, en rentrant, ses meubles familiers.
L'étendard de l'été pend noirci sur sa hampe. Remonte dans ta chambre, accroche ton manteau ; Et que ton rêve, ainsi qu'une rose dans l'eau, S'entr'ouvre au doux soleil intime de la lampe.
Dans l'horloge pensive, au timbre avertisseur, Mystérieusement bat le coeur du Silence. La Solitude au seuil étend sa vigilance, Et baise, en se penchant, ton front comme une soeur.
C'est le refuge élu, c'est la bonne demeure, La cellule aux murs chauds, l'âtre au subtil loisir, Où s'élabore, ainsi qu'un très rare élixir, L'essence fine de la vie intérieure.
Là, tu peux déposer le masque et les fardeaux, Loin de la foule et libre, enfin, des simagrées, Afin que le parfum des choses préférées Flotte, seul, pour ton coeur dans les plis des rideaux.
C'est la bonne saison, entre toutes féconde, D'adorer tes vrais dieux, sans honte, à ta façon, Et de descendre en toi jusqu'au divin frisson De te découvrir jeune et vierge comme un monde !
Tout est calme ; le vent pleure au fond du couloir ; Ton esprit a rompu ses chaînes imbéciles, Et, nu, penché sur l'eau des heures immobiles, Se mire au pur cristal de son propre miroir :
Et, près du feu qui meurt, ce sont des Grâces nues, Des départs de vaisseaux haut voilés dans l'air vif, L'âpre suc d'un baiser sensuel et pensif, Et des soleils couchants sur des eaux inconnues...
Albert SAMAIN
September 10
Je ne suis pas trop présente sur les blogs car j'ai beaucoup de monde à visiter et c'est très long à vous voir tous
Mon père, atteint d'une leucémie lymphoïde et d'un diabète insulinodépendant, est hospitalisé depuis plusieur semaine et je ne l'ai appris que jeudi dernier en téléphonant chez lui. Je suis un peu déboussolée et donc pas trop la tête à venir sur les blogs !
J'espère que vous ne m'en voudrez pas trop mais il n'y a pas que les blog, il y a la vrai vie !
Pour vous montrer que je ne vous oublie pas, je vous copie-coller un poëme de Théodore de BANVILLE sur l'automne !
Bisous à vous tous, je ne vous oublie pas !
L'AUTOMNE !
Sois le bienvenu, rouge Automne, Accours dans ton riche appareil, Embrase le coteau vermeil Que la vigne pare et festonne.
|
|
|
Père, tu rempliras la tonne Qui nous verse le doux sommeil ; Sois le bienvenu, rouge Automne, Accours dans ton riche appareil.
|
|
|
Déjà la Nymphe qui s'étonne, Blanche de la nuque à l'orteil, Rit aux chants ivres de soleil Que le gai vendangeur entonne. Sois le bienvenu, rouge Automne.
|
Théodore de Banville (1823 - 1891)
May 31
|
Maman chérie
Même si le lilas A oublié de fleurir Même si l'alouette A oublié de chanter Même si le soleil A oublié de venir Ne t'en fais pas Maman chérie, Ne t'en fais pas Moi je suis là!
Eh oui, un peut de poésie pour toute les mamans du monde ! | May 24
Je remercie "Chanchan" pour le joile poème qu'elle a écrie sur le sourire
En lisant ce texte vous allez attraper un petit virus qui se nomme
« SOURIRE »
Une seule personne à pu vous le transmettre
car elle vous aime bien et elle vous souhaite
Des sourires quand la tristesse vous envahit
Des amis qui illuminent toute votre vie
Des belles choses pour que vos yeux puissent admirer
De la patience pour toujours accepter la réalité
Des arcs-en-ciel pour monter jusqu’aux nuages
Une très belle vie à n’importe quel âge
Des réconforts quand vous croyez ne pas avoir le moral
Beaucoup d’Amour et non pas une histoire banale
Des sourires et des rires qui illuminent votre visage
Plus de larmes, plus de drames, que du courage
Plus aucun doute mais que de la confiance
Faire un grand et long bilan sans souffrance
De la joie, du bonheur, de la douceur, plus de désespoir
Beaucoup d’Amour à donner et à recevoir
DIV> May 20
Avez vous passé un bon week end ? Moi, ce fut sous un temps gris et de la pluie aujourd'hui. Je vous mets un texte que j'ai récupété chez mon pote Lolo et qui mérite d'être envoyé à ceux que vous aimez. Comme je vous aime tous mes lectrices et mes lecteurs alors je le copie sur ce billet.
Merci Lol d'avoir envoyé ce gentil billet à Marinette car c'est une femme qui le mérite.
Ce matin en ouvrant une fenêtre
dans le ciel un ange m'a vu et
m'a demandé "quel est ton meilleur
souhait pour aujourd'hui ?"
Je lui ai répondu : "stp prends soin
de la personne qui est entrain de
lire ce message et de sa famille
parce qu'ils le méritent et que
je les apprécie beaucoup."
Les anges existent mais lorsqu'ils
n'ont pas d'ailes on les appelle
simplement ami(e)s.
A ton tour, envois-le aussi
Quelle plaisir d'adresser ce message à ceux que l'on aime !
personnes que tu apprécies
Passe une très bonne journée.
May 07 Pour nous faire oublier les 15 derniers jours !
|
L'âme du vin
Un soir, l'âme du vin chantait dans les bouteilles :
" Homme, vers toi je pousse, ô cher déshérité,
Sous ma prison de verre et mes cires vermeilles,
Un chant plein de lumière et de fraternité !
Je sais combien il faut, sur la colline en flamme,
De peine, de sueur et de soleil cuisant
Pour engendrer ma vie et pour me donner l'âme ;
Mais je ne serai point ingrat ni malfaisant,
Car j'éprouve une joie immense quand je tombe
Dans le gosier d'un homme usé par ses travaux,
Et sa chaude poitrine est une douce tombe
Où je me plais bien mieux que dans mes froids caveaux.
Entends-tu retentir les refrains des dimanches
Et l'espoir qui gazouille en mon sein palpitant ?
Les coudes sur la table et retroussant tes manches,
Tu me glorifieras et tu seras content ;
J'allumerai les yeux de ta femme ravie ;
A ton fils je rendrai sa force et ses couleurs
Et serai pour ce frêle athlète de la vie
L'huile qui raffermit les muscles des lutteurs.
En toi je tomberai, végétale ambroisie,
Grain précieux jeté par l'éternel Semeur,
Pour que de notre amour naisse la poésie
Qui jaillira vers Dieu comme une rare fleur ! "
|
|
May 06 Je viens de retrouver, sur un blog, les paroles d'une chanson, que j'entendais quand j'étais gamine. Je fais un bond en arrière, dans une époque où le travail, la sécurité de la personne, le respect de l'autre, la confiance dans l'avenir, n'étaient pas de vains mots ! Qu'es tu devenue ma France chérie, pour trembler et avoir peur pour ton avenir ?
LE TEMPS DU MUGUET
Il est revenu, le temps du muguet Comme un vieil ami retrouvé Il est revenu flâner le long des quais Jusqu'au banc où je t'attendais Et j'ai vu refleurir L'éclat de ton sourire Aujourd'hui plus beau que jamais Le temps du muguet ne dure jamais Plus longtemps que le mois de mai Quand tous ses bouquets déjà seront fanés Pour nous deux rien n'aura changé Aussi belle qu'avant Notre chanson d'amour Chantera comme au premier jour Il s'en est allé, le temps du muguet Comme un vieil ami fatigué Pour toute une année, pour se faire oublier En partant il nous a laissé Un peu de son printemps Un peu de ses vingt ans Pour s'aimer, pour s'aimer longtemps
version originale: Vassily Soloviev-Sedoï, Mikhaïl Matoussovski paroles françaises: Francis Lemarqu April 24 En ce moment, je ne vais pas du tout le moral, surtout depuis hier. J'ai 3,9 g de diabète + la découverte que j'ai pris un médicament durant + de 7 ans, tous les jours que dieu fait et à raison de 2 comprimés par jour, qui, au final, m'a empoisonné le corps et le cerveau ! Lisez mon billet précédent puis allez faire une visite comme je l'ai indiqué, sur les 2 sites médicaux mentionnés et qui parle de l'AGREAL. Je comprends maintenant, pourquoi je souffre tant depuis 3 ans et que par moment, je suis incapable de faire quoique ce soit. Je ne suis pas dépressive, je suis empoisonnée ! Mais quand j'en parle à mon médecin, je passe pour une cinglée ! Ce qui me console c'est que nous somme pas loin de 1000, à l'heure actuelle à avoir des PBS à cause de ce médicament ! Faites suivre mon autre billet autour des femmes que vous connaissez, documentez vous et surtout parlez en même à votre pharmacien et à votre médecin. faites leurs parvenir vos document parlant de la nocivité de ce médicament. N'hésitez pas à donner mon adresse internet pour qu'elles puisse me contacter et dialoguer avec moi.
J'ai trouvé ce poème sur la jeunesse. Je ne regrette pas la mienne, ce que je regrette c'est la santé que j'avais !Être jeune...
La jeunesse n'est pas une période de la vie,
Elle est un état d'esprit, un effet de la volonté,
Une qualité de l'imagination, une intensité
émotive,
Une victoire du courage sur la timidité, du goût
de l'aventure sur l'amour du confort.
On ne devient pas vieux pour avoir vécu un certain
nombre d'années.
On devient vieux parce qu'on a déserté son idéal.
Les années rident la peau, renoncer à son idéal
ride l'âme.
Les préoccupations, les doutes, les craintes et les
désespoirs sont les ennemis qui,
Lentement, nous font pencher vers la terre et devenir poussière
avant la mort.
Jeune est celui qui s'étonne et s'émerveille.
Il demande, comme l'enfant insatiable : et après ?
Il défie les événements et trouve de
la joie au jeu de la vie.
Vous êtes aussi jeune que votre foi.
Aussi vieux que votre doute.
Aussi jeune que votre confiance en vous-même.
Aussi jeune que votre espoir,
Aussi vieux que votre abattement.
Vous resterez jeune tant que vous resterez réceptif,
Réceptif à ce qui est beau, bon et grand,
Réceptif aux messages de la nature, de l'homme et de
l'infini.
Si un jour, votre cœur allait être mordu par le
pessimisme et rongé par le cynisme,
Puisse Dieu avoir pitié de votre âme de vieillard.
Général Douglas MacArthur
- 1945
April 01
|
Avril
Lorsqu'un homme n'a pas d'amour, Rien du printemps ne l'intéresse ; Il voit même sans allégresse, Hirondelles, votre retour ;
Et, devant vos troupes légères Qui traversent le ciel du soir, Il songe que d'aucun espoir Vous n'êtes pour lui messagères.
Chez moi ce spleen a trop duré, Et quand je voyais dans les nues Les hirondelles revenues, Chaque printemps, j'ai bien pleuré.
Mais depuis que toute ma vie A subi ton charme subtil, Mignonne, aux promesses d'Avril Je m'abandonne et me confie.
Depuis qu'un regard bien-aimé A fait refleurir tout mon être, Je vous attends à ma fenêtre, Chères voyageuses de Mai.
Venez, venez vite, hirondelles, Repeupler l'azur calme et doux, Car mon désir qui va vers vous S'accuse de n'avoir pas d'ailes.
|
|
| | March 19 Je te dédie ce poême de BAUDELAIRE, à toi mon matou, que le destin à mis sur ma route un matin d'octobre 2000. Tu avais tous juste 6 mois mais tu étais si craquant dans les bras de ces enfants qui te cherchaient une maison pour t'accueillir. Je t'avais crue être une fille mais non, en relevant ta queue je me suis rendue compte de mon erreur. Du nom d'Héra que je t'avais donné, en zeus tu fus transformé. D'une Déesse jalouse tu devins un Dieu plutôt dissipé et coureur de minettes (j'en avais 2 avec toi). Tu es avec moi depuis près de 7 ans mais tu es toujours aussi doux et affectueux qu'au premier jour que je t'ai adopté !
Le chat (2)
I
Dans ma cervelle se promène Ainsi qu'en son appartement, Un beau chat, fort, doux et charmant. Quand il miaule, on l'entend à peine,
Tant son timbre est tendre et discret ; Mais que sa voix s'apaise ou gronde, Elle est toujours riche et profonde. C'est là son charme et son secret.
Cette voix, qui perle et qui filtre Dans mon fonds le plus ténébreux, Me remplit comme un vers nombreux Et me réjouit comme un philtre.
Elle endort les plus cruels maux Et contient toutes les extases ; Pour dire les plus longues phrases, Elle n'a pas besoin de mots.
Non, il n'est pas d'archet qui morde Sur mon coeur, parfait instrument, Et fasse plus royalement Chanter sa plus vibrante corde,
Que ta voix, chat mystérieux, Chat séraphique, chat étrange, En qui tout est, comme en un ange, Aussi subtil qu'harmonieux !
II
De sa fourrure blonde et brune Sort un parfum si doux, qu'un soir J'en fus embaumé, pour l'avoir Caressée une fois, rien qu'une.
C'est l'esprit familier du lieu ; Il juge, il préside, il inspire Toutes choses dans son empire ; Peut-être est-il fée, est-il dieu ?
Quand mes yeux, vers ce chat que j'aime Tirés comme par un aimant Se retournent docilement Et que je regarde en moi-même
Je vois avec étonnement Le feu de ses prunelles pâles, Clairs fanaux, vivantes opales, Qui me contemplent fixement.
March 14 Sortons nos habits légers, mettons les chaussures découvertes, allons, en compagnie de nos amis et familles, nous promener sous les arbres des forêts qui bourgeonnent sans fin. Arrêtons nous sur un banc, face au soleil et écoutons les poêmes que nous mumrmurent les oiseaux, du haut des branches, au creux de nos oreilles... Ecoutez bien et fermez les yeux car il arrive sans bruit mais parfumé des senteurs des vergers et des bois. (excusez moi pour la présentation mais je ne peux pas mettre le 1er poème en centré sur la page)
Premier sourire du printemps
Tandis qu'à leurs oeuvres perverses Les hommes courent haletants, Mars qui rit, malgré les averses, Prépare en secret le printemps.
Pour les petites pâquerettes, Sournoisement lorsque tout dort, Il repasse des collerettes Et cisèle des boutons d'or.
Dans le verger et dans la vigne, Il s'en va, furtif perruquier, Avec une houppe de cygne, Poudrer à frimas l'amandier.
La nature au lit se repose ; Lui descend au jardin désert, Et lace les boutons de rose Dans leur corset de velours vert.
Tout en composant des solfèges, Qu'aux merles il siffle à mi-voix, Il sème aux prés les perce-neiges Et les violettes aux bois.
Sur le cresson de la fontaine Où le cerf boit, l'oreille au guet, De sa main cachée il égrène Les grelots d'argent du muguet.
Sous l'herbe, pour que tu la cueilles, Il met la fraise au teint vermeil, Et te tresse un chapeau de feuilles Pour te garantir du soleil.
Puis, lorsque sa besogne est faite, Et que son règne va finir, Au seuil d'avril tournant la tête, Il dit : " Printemps, tu peux venir ! "
|
Théophile GAUTHIER
Le Printemps (rondeau de Charles d'ORLEANS)
Le temps a laissé son manteau De vent, de froidure et de pluie, Et s'est vêtu de broderie, De soleil luisant, clair et beau.
Il n'y a bête ni oiseau Qu'en son jargon ne chante ou crie : " Le temps a laissé son manteau De vent, de froidure et de pluie. "
Rivière, fontaine et ruisseau Portent en livrée jolie Goutte d'argent d'orfèvrerie ; Chacun s'habille de nouveau : Le temps a laissé son manteau.
LA NOCE DES OISEAUX
(Jean-Claude Brinette)
Les arbres se sont habillés de couleurs pastels, Jonquilles, crocus ont bravé la fraîcheur du temps, Que déjà, les oiseaux publient leurs noces dans le ciel. Neiges et froidures sont parties : " vive le Printemps ! "
|
Immense symphonie, où des millions de fleurs, Se mélangent en un jour, aux bourgeons de velours D'un coup de baguette magique : le ciel sort ses couleurs Pour éblouir nos yeux, il devient troubadour.
|
Dans un ballet de cabrioles fantastiques Les oiseaux dansent, s'accouplent et préparent leur nid, Guidés par une force invisible et mystique, Leur chant monte en hommage : au Maître de Symphonie.
|
Les oiseaux se sont embrassés sur les branches, Et des angelots coquins ont ajusté leurs flèches... Etrange ! tout ce que le Printemps en un jour change !
|
Les arbres se sont habillés de couleurs pastels, Tandis que sous leurs branches les amoureux de mèche, Se content fleurette quand roucoulent les tourterelles. |
Bonnes lectures à vous qui passez partager mes moments de rêveries. February 24
|
Un poême qui donne à réfléchir mais qui conseil, aussi, d'agir ! Bonne lecture !
Jean-Pierre Claris de FLORIAN (1755-1794) Recueil: Fables
Les deux jardiniers
Deux frères jardiniers avaient par héritage Un jardin dont chacun cultivait la moitié ; Liés d'une étroite amitié, Ensemble ils faisaient leur ménage. L'un d'eux, appelé Jean, bel esprit, beau parleur, Se croyait un très grand docteur ; Et Monsieur Jean passait sa vie A lire l'almanach, à regarder le temps Et la girouette et les vents. Bientôt, donnant l'essor à son rare génie, Il voulut découvrir comment d'un pois tout seul Des milliers de pois peuvent sortir si vite ; Pourquoi la graine du tilleul, Qui produit un grand arbre, est pourtant plus petite Que la fève qui meurt à deux pieds du terrain ; Enfin par quel secret mystère Cette fève qu'on sème au hasard sur la terre Sait se retourner dans son sein, Place en bas sa racine et pousse en haut sa tige. Tandis qu'il rêve et qu'il s'afflige De ne point pénétrer ces importants secrets, Il n'arrose point son marais ; Ses épinards et sa laitue Sèchent sur pied ; le vent du nord lui tue Ses figuiers qu'il ne couvre pas. Point de fruits au marché, point d'argent dans la bourse ; Et le pauvre docteur, avec ses almanachs, N'a que son frère pour ressource. Celui-ci, dès le grand matin, Travaillait en chantant quelque joyeux refrain, Béchait, arrosait tout du pêcher à l'oseille. Sur ce qu'il ignorait sans vouloir discourir, Il semait bonnement pour pouvoir recueillir. Aussi dans son terrain tout venait à merveille ; Il avait des écus, des fruits et du plaisir. Ce fut lui qui nourrit son frère ; Et quand Monsieur Jean tout surpris S'en vint lui demander comment il savait faire : Mon ami, lui dit-il, voici tout le mystère : Je travaille, et tu réfléchis ; Lequel rapporte davantage ? Tu te tourmentes, je jouis ; Qui de nous deux est le plus sage ?
|
| | December 24 Merci à Lacrapaude de m'avoir permis de copier-coller ce joli texte sur mon blog
Citer
Le Noël des petits oiseaux
Les verts sapins de la vallée Ce soir sont habillés de blanc Plus d'un petit oiseau frissonne Car il a neigé sur les toits Mais chut... voici l'heure qui sonne Entendez vous ces douces voix ?

{Refrain:}
Il est minuit et Jésus vient de naître Pour protéger les nids et les berceaux Le ciel est bleu, le printemps va renaître Noël, Noël pour les petits oiseaux Noël, Noël pour les petits oiseaux
 Merles pinsons, bergeronnettes Se réveillant tous à la fois Comme au bon temps des pâquerettes Soudain font retentir les bois Voyant que la neige étincelle Et que l'étoile brille aux cieux Ces chers mignons battant de l'aile Redisent dans leurs chants joyeux
 {au Refrain}
Les roitelets les rouges gorges Quittant les toits et les buissons Gazouillant comme au temps de mages Et l'air était plein de chansons Puis croyant au réveil du monde Et préparant déjà leurs nids Ils cherchaient de la laine blonde Pour abriter tous leurs petits
{au Refrain}
Mais tout à coup la nuit s'achève Voici l'aurore au front vermeil Et ne sachant si c'est un rêve Chacun se dit "Quel doux soleil" Car Noël sur les plaines blanches A fait luire un beau rayon d'or Pis sur les toits et sous les branches On entend gazouiller encor
  {dernier Refrain:} L'ombre s'enfuit, le jour vient de paraître Pour éclairer les nids et les berceaux Le ciel est bleu le printemps va renaître Noël, Noël pour les petits oiseaux Noël, Noël pour les petits oiseaux

Paroles et Musique: Camille Soubise, Ch.Pournay note: Fin du XIXeme siècle
November 29
Un moment de poésie par un auteur dont j'ai étudié un poème à l'école mais je ne me souvient plus lequel, dommage ! Ce texte est très beau à lire
|
Les torts du cygne
Comme le Cygne allait nageant Sur le lac au miroir d'argent, Plein de fraîcheur et de silence, Les Corbeaux noirs, d'un ton guerrier, Se mirent à l'injurier En volant avec turbulence.
Va te cacher, vilain oiseau ! S'écriaient-ils. Ce damoiseau Est vêtu de lys et d'ivoire ! Il a de la neige à son flanc ! Il se montre couvert de blanc Comme un paillasse de la foire!
Il va sur les eaux de saphir, Laid comme une perle d'Ophir, Blanc comme le marbre des tombes Et comme l'aubépine en fleur ! Le fat arbore la couleur Des boulangers et des colombes !
Pour briller sur ce promenoir, Que n'a-t-il adopté le noir ! Un fait des plus élémentaires, C'est que le noir est distingué. C'est propre, c'est joli, c'est gai ; C'est l'uniforme des notaires.
Cuisinier, garde ton couteau Pour ce Gille, cher à Wateau ! Accours! et moi-même que n'ai-je Le bec aigu comme un ciseau Pour percer le vilain oiseau Barbouillé de lys et de neige !
Tel fut leur langage. A son tour Dans les cieux parut un Vautour Qui s'en vint déchirer le Cygne Ivre de joie et de soleil ; Et sur l'onde son sang vermeil Coula comme une pourpre insigne.
Alors, plus brillant que l'Oeta Ceint de neige, l'oiseau chanta, L'oiseau que sa blancheur décore ; Il chanta la splendeur du jour, Et tous les antres d'alentour S'emplirent de sa voix sonore.
Et l'Alouette dans son vol, Et la Rose et le Rossignol Pleuraient le Cygne. Mais les Anes S'écrièrent avec lenteur : Que nous veut ce mauvais chanteur ? Nous avons des airs bien plus crânes.
Il chantait toujours. Et les bois Frissonnants écoutaient la voix Pleine d'hymnes et de louanges. Alors, d'autres êtres ailés Traversèrent les cieux voilés D'azur. Ceux-là, c'étaient des Anges.
Ces beaux voyageurs, sans pleurer, Regardaient le Cygne expirer Parmi sa pourpre funéraire, Et, vers l'oiseau du flot obscur Tournant leur prunelle d'azur, Ils lui disaient : Bonsoir, mon frère.
|
|
| | November 25
Ma Bohème
Je m'en allais, les poings dans mes poches crevées; Mon paletot soudain devenait idéal; J'allais sous le ciel, Muse, et j'étais ton féal; Oh! là là! que d'amours splendides j'ai rêvées!
Mon unique culotte avait un large trou. Petit-Poucet rêveur, j'égrenais dans ma course Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse. Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou
Et je les écoutais, assis au bord des routes, Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes De rosée à mon front, comme un vin de vigueur;
Où, rimant au milieu des ombres fantastiques, Comme des lyres, je tirais les élastiques De mes souliers blessés, un pied près de mon coeur!
Arthur Rimbaud
Le Dormeur du val
C'est un trou de verdure où chante une rivière Accrochant follement aux herbes des haillons D'argent; où le soleil de la montagne fière, Luit; C'est un petit val qui mousse de rayons.
Un soldat jeune bouche ouverte, tête nue, Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu, Dort; il est étendu dans l'herbe, sous la nue, Pale dans son lit vert où la lumière pleut.
Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme Sourirait un enfant malade, il fait un somme: Nature, berce-le chaudement: il a froid.
Les parfums ne font plus frissonner sa narine; Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine Tranquille. Il a deux trous rouges au coté droit.
Arthur Rimbaud
J'ai tant rêvé de toi
J'ai tant rêvé de toi que tu perds ta réalité. Est-il encore temps d'atteindre ce corps vivant Et de baiser sur cette bouche la naissance De la voix qui m'est chère?
J'ai tant rêvé de toi que mes bras habitués En étreignant ton ombre A se croiser sur ma poitrine ne se plieraient pas Au contour de ton corps, peut-être. Et que, devant l'apparence réelle de ce qui me hante Et me gouverne depuis des jours et des années, Je deviendrais une ombre sans doute. O balances sentimentales.
J'ai tant rêvé de toi qu'il n'est plus temps Sans doute que je m'éveille. Je dors debout, le corps exposé A toutes les apparences de la vie Et de l'amour et toi, la seule qui compte aujourd'hui pour moi, Je pourrais moins toucher ton front Et tes lèvres que les premières lèvres et le premier front venu.
J'ai tant rêvé de toi, tant marché, parlé, Couché avec ton fantôme Qu'il ne me reste plus peut-être, Et pourtant, qu'a être fantôme Parmi les fantômes et plus ombre Cent fois que l'ombre qui se promène Et se promènera allègrement Sur le cadran solaire de ta vie.
Robert Desnos, "Corps et biens".
C'est Peut-être Ça
C'est peut-être ça L'amour, le grand amour C'est peut-être ça Qui m'a prise à mon tour Ce je ne sais trop quoi Qui fait froid dans le dos Et soudain donne chaud Quand tout le monde a froid...
C'est peut-être ça Qui fait battre le coeur Et pendant des heures Vous fera rester là Devant un téléphone Pour entendre une voix Devant un téléphone Qui ne sonnera pas...
C'est peut-être ça L'amour, le grand amour C'est peut-être ça Qui m'a prise à mon tour Ce sentiment brutal Lorsque tout allait bien De se sentir très mal Sans savoir d'où ça vient
C'est peut-être ça Qui fait pleurer de rire Et vous fait courir A minuit sous la pluie Sous la pluie, sans manteau En gueulant qu'il fait beau En gueulant que la vie 'y a rien de plus joli... Avant, juste avant D'aller se foutre à l'eau...
C'est peut-être ça L'amour...Le Grand Amour!...
Charles Dumont (Musique), Michel Vaucaire (Paroles)
Une allée du Luxembourg
Elle a passé, la jeune fille Vive et preste comme un oiseau : A la main une fleur qui brille, A la bouche un refrain nouveau.
C'est peut-être la seule au monde Dont le coeur au mien répondrait, Qui venant dans ma nuit profonde D'un seul regard l'éclaircirait !
Mais non, ma jeunesse est finie... Adieu, doux rayon qui m'as lui, Parfum, jeune fille, harmonie... Le bonheur passait, il a fui !
Gérard de Nerval (Odelettes)
La rose, la bouteille et la poignée de main
Cette rose avait glissé de La gerbe qu'un héros gâteux Portait au monument aux Morts. Comme tous les gens levaient leurs Yeux pour voir hisser les couleurs, Je la recueillis sans remords.
Et je repris ma route et m'en allai quérir Au p'tit bonheur la chance, un corsage à fleurir. Car c'est une des pir's perversions qui soient Que de garder une rose par-devers soi.
La première à qui je l'offris Tourna la tête avec mépris, La deuxième s'enfuit et court Encore en criant "au secours !" Si la troisième m'a donné Un coup d'ombrelle sur le nez, La quatrièm', c'est plus méchant, Se mit en quête d'un agent.
Car, aujourd'hui, c'est saugrenu, Sans être louche, on ne peut pas Fleurir de belles inconnues. On est tombé bien bas, bien bas...
Et ce pauvre petit bouton De rose a fleuri le veston D'un vague chien de commissaire, Quelle misère!
Cette bouteille était tombée De la soutane d'un abbé Sortant de la messe ivre mort. Une bouteille de vin fin Millésimé, béni, divin, Je la recueillis sans remords.
Et je repris ma route en cherchant, plein d'espoir, Une brave gosier sec pour m'aider à la boire. Car c'est une des pir's perversions qui soient Que de garder du vin béni par-devers soi.
Le premier refusa mon verre, En me lorgnant d'un oeil sévère, Le deuxième m'a dit, railleur, De m'en aller cuver ailleurs. Si le troisième, sans retard, Au nez m'a jeté le nectar, Le quatrièm', c'est plus méchant, Se mit en quête d'un agent.
Car aujourd'hui, c'est saugrenu, Sans être louche, on ne peut pas Trinquer avec des inconnus, On est tombé bien bas, bien bas...
Avec la bouteille de vin Millésimé, béni, divin, Les flics se sont rincé la dalle, Un vrai scandale !
Cette pauvre poignée de main Gisait, oubliée, en chemin, Par deux amis fâchés a mort. Quelque peu décontenancée, Elle était la, dans le fossé. Je la recueillis sans remords.
Et je repris ma route avec l'intention De faire circuler la virile effusion, Car c'est une des pir's perversions qui soient Qu' de garder une poignée de main par-devers soi.
Le premier m'a dit: "Fous le camp ! J'aurais peur de salir mes gants." Le deuxième, d'un air dévot, Me donna cent sous, d'ailleurs faux. Si le troisième, ours mal léché, Dans ma main tendue a craché, Le quatrièm', c'est plus méchant, Se mit en quête d'un agent.
Car aujourd'hui, c'est saugrenu, Sans être louche, on ne peut pas Serrer la main des inconnus, On est tombé bien bas, bien bas...
Et la pauvre poignée de main Victime d'un sort inhumain, Alla terminer sa carrière A la fourrière !
Georges Brassens
Hymne à l'amitié masculine
Les copains d'abord
Non, ce n'était pas le radeau De la Méduse, ce bateau, Qu'on se le dis' au fond des ports, Dis' au fond des ports, Il naviguait en pèr' peinard Sur la grand' mare des canards, Et s'app'lait les Copains d'abord Les Copains d'abord.
Ses fluctuat nec mergitur C'était pas d'la litteratur', N'en déplaise aux jeteurs de sort, Aux jeteurs de sort, Son capitaine et ses mat'lots N'étaient pas des enfants d'salauds, Mais des amis franco de port, Des copains d'abord.
C'étaient pas des amis de lux', Des petits Castor et Pollux, Des gens de Sodome et Gomorrh', Sodome et Gomorrh', C'étaient pas des amis choisis Par Montaigne et La Boeti', Sur le ventre ils se tapaient fort, Les copains d'abord.
C'étaient pas des anges non plus, L'Évangile, ils l'avaient pas lu, Mais ils s'aimaient tout's voil's dehors, Tout's voil's dehors, Jean, Pierre, Paul et compagnie, C'était leur seule litanie Leur Credo, leur Confiteor, Aux copains d'abord.
Au moindre coup de Trafalgar, C'est l'amitié qui prenait l'quart, C'est elle qui leur montrait le nord, Leur montrait le nord. Et quand ils étaient en détresse, Qu'leurs bras lancaient des S.O.S., On aurait dit les sémaphores, Les copains d'abord.
Au rendez-vous des bons copains, Y'avait pas souvent de lapins, Quand l'un d'entre eux manquait a bord, C'est qu'il était mort. Oui, mais jamais, au grand jamais, Son trou dans l'eau n'se refermait, Cent ans après, coquin de sort ! Il manquait encor'.
Des bateaux j'en ai pris beaucoup, Mais le seul qui ait tenu le coup, Qui n'ai jamais viré de bord, Mais viré de bord, Naviguait en père peinard Sur la grand' mare des canards, Et s'app'lait les Copains d'abord Les Copains d'abord.
Georges Brassens
Harmonie du soir
Voici venir les temps ou vibrant sur sa tige Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir Valse mélancolique et langoureux vertige
Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige Valse mélancolique et langoureux vertige Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir
Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige Un coeur tendre qui hait le néant vaste et noir Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige
Un coeur tendre qui hait le néant vaste et noir Du passé lumineux recueille tout vestige Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir
Charles Baudelaire
Les métamorphoses du vampire
La femme cependant, de sa bouche de fraise, En se tordant ainsi qu'un serpent sur la braise, Et pétrissant ses seins sur le fer de son busc, Laissait couler ces mots tout imprégnés de musc: - "Moi, j'ai la lèvre humide, et je sais la science De perdre au fond d'un lit l'antique conscience. Je sèche tous les pleurs sur mes seins triomphants, Et fais rire les vieux du rire des enfants. Je remplace, pour qui me voit nue et sans voiles, La lune, le soleil, le ciel et les étoiles! Je suis, mon cher savant, si docte aux voluptés, Lorsque j'étouffe un homme en mes bras redoutés, Ou lorsque j'abandonne aux morsures mon buste, Timide et libertine, et fragile et robuste, Que sur ces matelas qui se pâment d'émoi, Les anges impuissants se damneraient pour moi!" Quand elle eut de mes os sucé toute la moelle, Et que languissamment je me tournai vers elle Pour lui rendre un baiser d'amour, je ne vis plus Qu'une outre aux flancs gluants, toute pleine de pus! Je fermai les deux yeux, dans ma froide épouvante, Et quand je les rouvris à la clarté vivante, A mes côtés, au lieu du mannequin puissant Qui semblait avoir fait provision de sang, Tremblaient confusément des débris de squelette, Qui d'eux-mêmes rendaient le cri d'une girouette Ou d'une enseigne, au bout d'une tringle de fer, Que balance le vent pendant les nuits d'hiver.
Charles Baudelaire
Evidemmment le vampire est une femme !
Spleen
Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle Sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis, Et que de l'horizon embrassant tout le cercle Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits;
Quand la terre est changée en un cachot humide, Où l'espérance, comme une chauve-souris, S'en va battant le mur de son aile timide Et se cognant la tête à des plafonds pourris;
Quand la pluie étalant ses immenses traînées D'une vaste prison imite les barreaux, Et qu'un peuple muet d'infâmes araignées Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux,
Des cloches tout à coup sautent avec furie Et lancent vers le ciel un affreux hurlement, Ainsi que des esprits errants et sans patrie Qui se mettent à geindre opiniâtrement
- Et de longs corbillards, sans tambours ni musique, Défilent lentement dans mon âme; l'Espoir, Vaincu, pleure, et l'angoisse atroce, despotique, Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.
Charles Baudelaire
May 13
| **Priére du Loup** |
|
|
*Prière du Loup * En regardant dans mes yeux,
S'il-te-plaît souviens-toi que je suis timide.
Tu n'as rien à craindre.
Car c'est Dieu qui nous a mis sur terre ensemble...
Mon voeux serait de ne pas être si incompris.
Après-tout c'est l'homme qui dit que je ne suis pas bon.
Si l'homme pouvait prendre le temps d'apprendre comment
Je suis réellement.
Peut-être aurais-je la chance de demeurer de ce monde S'il ne tue pas ma famille.
C'est votre choix de m'aider.
À ce que les hommes voient,
Que je ne suis pas un tueur comme on vous l'a fais croire.
Je veux être compris et être libre...
©B Schmitz
| | April 22 Poême que j'aime particulièrement.
Demain, dès l'aube...
Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne, Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends. J'irai par la forêt, j'irai par la montagne. Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.
Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées, Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit, Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées, Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.
Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe, Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur, Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.
|
Chant sur le berceau
Je veille. Ne crains rien. J'attends que tu t'endormes. Les anges sur ton front viendront poser leurs bouches. Je ne veux pas sur toi d'un rêve ayant des formes Farouches ;
Je veux qu'en te voyant là, ta main dans la mienne, Le vent change son bruit d'orage en bruit de lyre. Et que sur ton sommeil la sinistre nuit vienne Sourire.
Le poète est penché sur les berceaux qui tremblent ; Il leur parle, il leur dit tout bas de tendres choses, Il est leur amoureux, et ses chansons ressemblent Aux roses.
Il est plus pur qu'avril embaumant la pelouse Et que mai dont l'oiseau vient piller la corbeille ; Sa voix est un frisson d'âme, à rendre jalouse L'abeille ;
Il adore ces nids de soie et de dentelles ; Son coeur a des gaîtés dans la fraîche demeure Qui font rire aux éclats avec des douceurs telles Qu'on pleure ;
Il est le bon semeur des fraîches allégresses ; Il rit. Mais si les rois et leurs valets sans nombre Viennent, s'il voit briller des prunelles tigresses Dans l'ombre,
S'il voit du Vatican, de Berlin ou de Vienne Sortir un guet-apens, une horde, une bible, Il se dresse, il n'en faut pas plus pour qu'il devienne Terrible.
S'il voit ce basilic, Rome, ou cette araignée, Ignace, ou ce vautour, Bismarck, faire leur crime, Il gronde, il sent monter dans sa strophe indignée L'abîme.
C'est dit. Plus de chansons. L'avenir qu'il réclame, Les peuples et leur droit, les rois et leur bravade, Sont comme un tourbillon de tempête où cette âme S'évade.
Il accourt. Reviens, France, à ta fierté première ! Délivrance ! Et l'on voit cet homme qui se lève Ayant Dieu dans le coeur et dans l'oeil la lumière Du glaive.
Et sa pensée, errante alors comme les proues Dans l'onde et les drapeaux dans les noires mêlées, Est un immense char d'aurore avec des roues Ailées. |
|