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    September 25

    Bonjour l'automne !

     
    Une touche de poésie pour accueillir l'automne qui est là depuis avant hier !
     
    Bonne lecture  !
     
     

    Automne

    Le vent tourbillonnant, qui rabat les volets,
    Là-bas tord la forêt comme une chevelure.
    Des troncs entrechoqués monte un puissant murmure
    Pareil au bruit des mers, rouleuses de galets.

    L'Automne qui descend les collines voilées
    Fait, sous ses pas profonds, tressaillir notre coeur ;
    Et voici que s'afflige avec plus de ferveur
    Le tendre désespoir des roses envolées.

    Le vol des guêpes d'or qui vibrait sans repos
    S'est tu ; le pêne grince à la grille rouillée ;
    La tonnelle grelotte et la terre est mouillée,
    Et le linge blanc claque, éperdu, dans l'enclos.


    Le jardin nu sourit comme une face aimée
    Qui vous dit longuement adieu, quand la mort vient ;
    Seul, le son d'une enclume ou l'aboiement d'un chien
    Monte, mélancolique, à la vitre fermée.

    Suscitant des pensées d'immortelle et de buis,
    La cloche sonne, grave, au coeur de la paroisse ;
    Et la lumière, avec un long frisson d'angoisse,
    Ecoute au fond du ciel venir des longues nuits...

    Les longues nuits demain remplaceront, lugubres,
    Les limpides matins, les matins frais et fous,
    Pleins de papillons blancs chavirant dans les choux
    Et de voix sonnant clair dans les brises salubres.

    Qu'importe, la maison, sans se plaindre de toi,
    T'accueille avec son lierre et ses nids d'hirondelle,
    Et, fêtant le retour du prodigue près d'elle,
    Fait sortir la fumée à longs flots bleus du toit.


    Lorsque la vie éclate et ruisselle et flamboie,
    Ivre du vin trop fort de la terre, et laissant
    Pendre ses cheveux lourds sur la coupe du sang,
    L'âme impure est pareille à la fille de joie.

    Mais les corbeaux au ciel s'assemblent par milliers,
    Et déjà, reniant sa folie orageuse,
    L'âme pousse un soupir joyeux de voyageuse
    Qui retrouve, en rentrant, ses meubles familiers.

    L'étendard de l'été pend noirci sur sa hampe.
    Remonte dans ta chambre, accroche ton manteau ;
    Et que ton rêve, ainsi qu'une rose dans l'eau,
    S'entr'ouvre au doux soleil intime de la lampe.

    Dans l'horloge pensive, au timbre avertisseur,
    Mystérieusement bat le coeur du Silence.
    La Solitude au seuil étend sa vigilance,
    Et baise, en se penchant, ton front comme une soeur.

    C'est le refuge élu, c'est la bonne demeure,
    La cellule aux murs chauds, l'âtre au subtil loisir,
    Où s'élabore, ainsi qu'un très rare élixir,
    L'essence fine de la vie intérieure.

    Là, tu peux déposer le masque et les fardeaux,
    Loin de la foule et libre, enfin, des simagrées,
    Afin que le parfum des choses préférées
    Flotte, seul, pour ton coeur dans les plis des rideaux
    .

    C'est la bonne saison, entre toutes féconde,
    D'adorer tes vrais dieux, sans honte, à ta façon,
    Et de descendre en toi jusqu'au divin frisson
    De te découvrir jeune et vierge comme un monde !

    Tout est calme ; le vent pleure au fond du couloir ;
    Ton esprit a rompu ses chaînes imbéciles,
    Et, nu, penché sur l'eau des heures immobiles,
    Se mire au pur cristal de son propre miroir :

    Et, près du feu qui meurt, ce sont des Grâces nues,
    Des départs de vaisseaux haut voilés dans l'air vif,
    L'âpre suc d'un baiser sensuel et pensif,
    Et des soleils couchants sur des eaux inconnues...

    Albert SAMAIN

     
    September 10

    Bientôt là !

     
    Je ne suis pas trop présente sur les blogs car j'ai beaucoup de monde à visiter et c'est très long à vous voir tous
    Mon père, atteint d'une leucémie lymphoïde et d'un diabète insulinodépendant, est hospitalisé depuis plusieur semaine et je ne l'ai appris que jeudi dernier en téléphonant chez lui. Je suis un peu déboussolée et donc pas trop la tête à venir sur les blogs !
    J'espère que vous ne m'en voudrez pas trop mais il n'y a pas que les blog, il y a la vrai vie !
    Pour vous montrer que je ne vous oublie pas, je vous copie-coller un poëme de Théodore de BANVILLE sur l'automne !
    Bisous à vous tous, je ne vous oublie pas !
     
     
     
     
    L'AUTOMNE !

    Sois le bienvenu, rouge Automne,
    Accours dans ton riche appareil,
    Embrase le coteau vermeil
    Que la vigne pare et festonne.

     
    Père, tu rempliras la tonne
    Qui nous verse le doux sommeil ;
    Sois le bienvenu, rouge Automne,
    Accours dans ton riche appareil.

     
    Déjà la Nymphe qui s'étonne,
    Blanche de la nuque à l'orteil,
    Rit aux chants ivres de soleil
    Que le gai vendangeur entonne.
    Sois le bienvenu, rouge Automne.

    Théodore de Banville
    (1823 - 1891)

    May 31

    Pour toi Maman !

    Maman chérie

    Même si le lilas
    A oublié de fleurir
    Même si l'alouette
    A oublié de chanter
    Même si le soleil
    A oublié de venir
    Ne t'en fais pas
    Maman chérie,
    Ne t'en fais pas
    Moi je suis là!

     Eh oui, un peut de poésie pour toute les mamans du monde !

    May 24

    Le sourire !

    photo hebergée par zimage

    Je remercie "Chanchan" pour le joile poème qu'elle a écrie sur le sourire

     

        img264/3276/rosebe3.gifimg264/3276/rosebe3.gifimg264/3276/rosebe3.gif
    En lisant ce texte vous allez attraper un petit virus qui se nomme

    « SOURIRE »

    Une seule personne à pu vous le transmettre
    car elle vous aime bien et elle vous souhaite

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    Des sourires quand la tristesse vous envahit
    Des amis qui illuminent toute votre vie

    Des belles choses pour que vos yeux puissent admirer
    De la patience pour toujours accepter la réalité

    Des arcs-en-ciel pour monter jusqu’aux nuages
    Une très belle vie à n’importe quel âge

    Des réconforts quand vous croyez ne pas avoir le moral
    Beaucoup d’Amour et non pas une histoire banale

    Des sourires et des rires qui illuminent votre visage
    Plus de larmes, plus de drames, que du courage

    Plus aucun doute mais que de la confiance
    Faire un grand et long bilan sans souffrance

    De la joie, du bonheur, de la douceur, plus de désespoir
    Beaucoup d’Amour à donner et à recevoir
     
    Allez sur son blog car il est maginifique : http://michasuper.spaces.live.com/
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    May 20

    l'amitié !

    Image hébérgée par hiboox.com
     
    Avez vous passé un bon week end ? Moi, ce fut sous un temps gris et de la pluie aujourd'hui. Je vous mets un texte que j'ai récupété chez mon pote Lolo et qui mérite d'être envoyé à ceux que vous aimez. Comme je vous aime tous mes lectrices et mes lecteurs alors je le copie sur ce billet.
     
    Merci Lol d'avoir envoyé ce gentil billet à Marinette car c'est une femme qui le mérite.
     
    Ce matin en ouvrant une fenêtre
    dans le ciel un ange m'a vu et
    m'a demandé  "quel est ton meilleur
    souhait pour aujourd'hui ?"
    Je lui ai répondu : "stp prends soin
    de la personne qui est entrain de
    lire ce message et de sa famille
    parce qu'ils le méritent et que
    je les apprécie beaucoup."
    Les anges existent mais lorsqu'ils
    n'ont pas d'ailes on les appelle
    simplement ami(e)s.
    A ton tour, envois-le aussi
     
     
    Quelle plaisir d'adresser ce message à ceux que l'on aime !
    personnes que tu apprécies
    Passe une très bonne journée.
     
     
    May 07

    Pour oublier !

    Pour nous faire oublier les 15 derniers jours !

    Charles BAUDELAIRE (1821-1867)
    (Recueil : Les fleurs du mal)
     

    L'âme du vin

    Un soir, l'âme du vin chantait dans les bouteilles :
    " Homme, vers toi je pousse, ô cher déshérité,
    Sous ma prison de verre et mes cires vermeilles,
    Un chant plein de lumière et de fraternité !

    Je sais combien il faut, sur la colline en flamme,
    De peine, de sueur et de soleil cuisant
    Pour engendrer ma vie et pour me donner l'âme ;
    Mais je ne serai point ingrat ni malfaisant,

    Car j'éprouve une joie immense quand je tombe
    Dans le gosier d'un homme usé par ses travaux,
    Et sa chaude poitrine est une douce tombe
    Où je me plais bien mieux que dans mes froids caveaux.

    Entends-tu retentir les refrains des dimanches
    Et l'espoir qui gazouille en mon sein palpitant ?
    Les coudes sur la table et retroussant tes manches,
    Tu me glorifieras et tu seras content ;

    J'allumerai les yeux de ta femme ravie ;
    A ton fils je rendrai sa force et ses couleurs
    Et serai pour ce frêle athlète de la vie
    L'huile qui raffermit les muscles des lutteurs.

    En toi je tomberai, végétale ambroisie,
    Grain précieux jeté par l'éternel Semeur,
    Pour que de notre amour naisse la poésie
    Qui jaillira vers Dieu comme une rare fleur ! "

    May 06

    La petite fleur du mois : le muguet

    Je viens de retrouver, sur un blog, les paroles d'une chanson, que j'entendais quand j'étais gamine. Je fais un bond en arrière, dans une époque où le travail, la sécurité de la personne, le respect de l'autre, la confiance dans l'avenir, n'étaient pas de vains mots ! Qu'es tu devenue ma France chérie, pour trembler et avoir peur pour ton avenir ?


    LE TEMPS DU MUGUET

    Il est revenu, le temps du muguet
    Comme un vieil ami retrouvé
    Il est revenu flâner le long des quais
    Jusqu'au banc où je t'attendais
    Et j'ai vu refleurir
    L'éclat de ton sourire
    Aujourd'hui plus beau que jamais
    Le temps du muguet ne dure jamais
    Plus longtemps que le mois de mai
    Quand tous ses bouquets déjà seront fanés
    Pour nous deux rien n'aura changé
    Aussi belle qu'avant
    Notre chanson d'amour
    Chantera comme au premier jour
    Il s'en est allé, le temps du muguet
    Comme un vieil ami fatigué
    Pour toute une année, pour se faire oublier
    En partant il nous a laissé
    Un peu de son printemps
    Un peu de ses vingt ans
    Pour s'aimer, pour s'aimer longtemps

    version originale: Vassily Soloviev-Sedoï, Mikhaïl Matoussovski
    paroles françaises: Francis Lemarqu

    April 24

    La jeunesse, c'est ce qu'il me manque !

    En ce moment, je ne vais pas du tout le moral, surtout depuis hier. J'ai 3,9 g de diabète + la découverte que j'ai pris un médicament durant + de 7 ans, tous les jours que dieu fait et à raison de 2 comprimés par jour, qui, au final, m'a empoisonné le corps et le cerveau ! Lisez mon billet précédent puis allez faire une visite comme je l'ai indiqué, sur les 2 sites médicaux mentionnés et qui parle de l'AGREAL. Je comprends maintenant, pourquoi je souffre tant depuis 3 ans et que par moment, je suis incapable de faire quoique ce soit. Je ne suis pas dépressive, je suis empoisonnée ! Mais quand j'en parle à mon médecin, je passe pour une cinglée ! Ce qui me console c'est que nous somme pas loin de 1000, à l'heure actuelle à avoir des PBS à cause de ce médicament ! Faites suivre mon autre billet autour des femmes que vous connaissez, documentez vous et surtout parlez en même à votre pharmacien et à votre médecin. faites leurs parvenir vos document parlant de la nocivité de ce médicament. N'hésitez pas à donner mon adresse internet pour qu'elles puisse me contacter et dialoguer avec moi.

    J'ai trouvé ce poème sur la jeunesse. Je ne regrette pas la mienne, ce que je regrette c'est la santé que j'avais !


    Être jeune...

    La jeunesse n'est pas une période de la vie,
    Elle est un état d'esprit, un effet de la volonté,
    Une qualité de l'imagination, une intensité émotive,
    Une victoire du courage sur la timidité, du goût de l'aventure sur l'amour du confort.

    On ne devient pas vieux pour avoir vécu un certain nombre d'années.
    On devient vieux parce qu'on a déserté son idéal.
    Les années rident la peau, renoncer à son idéal ride l'âme.
    Les préoccupations, les doutes, les craintes et les désespoirs sont les ennemis qui,
    Lentement, nous font pencher vers la terre et devenir poussière avant la mort.

    Jeune est celui qui s'étonne et s'émerveille.
    Il demande, comme l'enfant insatiable : et après ?
    Il défie les événements et trouve de la joie au jeu de la vie.

    Vous êtes aussi jeune que votre foi.
    Aussi vieux que votre doute.
    Aussi jeune que votre confiance en vous-même.
    Aussi jeune que votre espoir,
    Aussi vieux que votre abattement.

    Vous resterez jeune tant que vous resterez réceptif,
    Réceptif à ce qui est beau, bon et grand,
    Réceptif aux messages de la nature, de l'homme et de l'infini.

    Si un jour, votre cœur allait être mordu par le pessimisme et rongé par le cynisme,
    Puisse Dieu avoir pitié de votre âme de vieillard.
    Général Douglas MacArthur - 1945

    April 01

    Avril

    François COPPÉE (1842-1908)
    (Recueil : Les mois)
     

    Avril

     Lorsqu'un homme n'a pas d'amour,
    Rien du printemps ne l'intéresse ;
    Il voit même sans allégresse,
    Hirondelles, votre retour ;

    Et, devant vos troupes légères
    Qui traversent le ciel du soir,
    Il songe que d'aucun espoir
    Vous n'êtes pour lui messagères.

    Chez moi ce spleen a trop duré,
    Et quand je voyais dans les nues
    Les hirondelles revenues,
    Chaque printemps, j'ai bien pleuré.

    Mais depuis que toute ma vie
    A subi ton charme subtil,
    Mignonne, aux promesses d'Avril
    Je m'abandonne et me confie.

    Depuis qu'un regard bien-aimé
    A fait refleurir tout mon être,
    Je vous attends à ma fenêtre,
    Chères voyageuses de Mai.

    Venez, venez vite, hirondelles,
    Repeupler l'azur calme et doux,
    Car mon désir qui va vers vous
    S'accuse de n'avoir pas d'ailes.

    March 19

    Pour mon chat Zeus !

     Je te dédie ce poême de BAUDELAIRE, à toi mon matou, que le destin à mis sur ma route un matin d'octobre 2000. Tu avais tous juste 6 mois mais tu étais si craquant dans les bras de ces enfants qui te cherchaient une maison pour t'accueillir. Je t'avais crue être une fille mais non, en relevant ta queue je me suis rendue compte de mon erreur. Du nom d'Héra que je t'avais donné, en zeus tu fus transformé. D'une Déesse jalouse tu devins un Dieu plutôt dissipé et coureur de minettes (j'en avais 2 avec toi). Tu es avec moi depuis près de 7 ans mais tu es toujours aussi doux et affectueux qu'au premier jour que je t'ai adopté !
     

    Le chat (2)

    I

    Dans ma cervelle se promène
    Ainsi qu'en son appartement,
    Un beau chat, fort, doux et charmant.
    Quand il miaule, on l'entend à peine,

    Tant son timbre est tendre et discret ;
    Mais que sa voix s'apaise ou gronde,
    Elle est toujours riche et profonde.
    C'est là son charme et son secret.

    Cette voix, qui perle et qui filtre
    Dans mon fonds le plus ténébreux,
    Me remplit comme un vers nombreux
    Et me réjouit comme un philtre.

    Elle endort les plus cruels maux
    Et contient toutes les extases ;
    Pour dire les plus longues phrases,
    Elle n'a pas besoin de mots.

    Non, il n'est pas d'archet qui morde
    Sur mon coeur, parfait instrument,
    Et fasse plus royalement
    Chanter sa plus vibrante corde,

    Que ta voix, chat mystérieux,
    Chat séraphique, chat étrange,
    En qui tout est, comme en un ange,
    Aussi subtil qu'harmonieux !

    II

    De sa fourrure blonde et brune
    Sort un parfum si doux, qu'un soir
    J'en fus embaumé, pour l'avoir
    Caressée une fois, rien qu'une.

    C'est l'esprit familier du lieu ;
    Il juge, il préside, il inspire
    Toutes choses dans son empire ;
    Peut-être est-il fée, est-il dieu ?

    Quand mes yeux, vers ce chat que j'aime
    Tirés comme par un aimant
    Se retournent docilement
    Et que je regarde en moi-même

    Je vois avec étonnement
    Le feu de ses prunelles pâles,
    Clairs fanaux, vivantes opales,
    Qui me contemplent fixement.

    March 14

    Quand le printemps arrive !

    Sortons nos habits légers, mettons les chaussures découvertes, allons, en compagnie de nos amis et familles, nous promener sous les arbres des forêts qui bourgeonnent sans fin. Arrêtons nous sur un banc, face au soleil et écoutons les poêmes que nous mumrmurent les oiseaux, du haut des branches, au creux de nos oreilles... Ecoutez bien et fermez les yeux car il arrive sans bruit mais parfumé des senteurs des vergers et des bois. (excusez moi pour la présentation mais je ne peux pas mettre le 1er poème en centré sur la page)
     

    Premier sourire du printemps

    Tandis qu'à leurs oeuvres perverses
    Les hommes courent haletants,
    Mars qui rit, malgré les averses,
    Prépare en secret le printemps.

    Pour les petites pâquerettes,
    Sournoisement lorsque tout dort,
    Il repasse des collerettes
    Et cisèle des boutons d'or.

    Dans le verger et dans la vigne,
    Il s'en va, furtif perruquier,
    Avec une houppe de cygne,
    Poudrer à frimas l'amandier.

    La nature au lit se repose ;
    Lui descend au jardin désert,
    Et lace les boutons de rose
    Dans leur corset de velours vert.

    Tout en composant des solfèges,
    Qu'aux merles il siffle à mi-voix,
    Il sème aux prés les perce-neiges
    Et les violettes aux bois.

    Sur le cresson de la fontaine
    Où le cerf boit, l'oreille au guet,
    De sa main cachée il égrène
    Les grelots d'argent du muguet.

    Sous l'herbe, pour que tu la cueilles,
    Il met la fraise au teint vermeil,
    Et te tresse un chapeau de feuilles
    Pour te garantir du soleil.

    Puis, lorsque sa besogne est faite,
    Et que son règne va finir,
    Au seuil d'avril tournant la tête,
    Il dit : " Printemps, tu peux venir ! "

    Théophile GAUTHIER
     
     
     
    Le Printemps (rondeau de Charles d'ORLEANS)
     
    Le temps a laissé son manteau
    De vent, de froidure et de pluie,
    Et s'est vêtu de broderie,
    De soleil luisant, clair et beau.

    Il
    n'y a bête ni oiseau
    Qu'en son jargon ne chante ou crie :
    " Le temps a laissé son manteau
    De vent, de froidure et de pluie. "

    R
    ivière, fontaine et ruisseau
    Portent en livrée jolie
    Goutte d'argent d'orfèvrerie ;
    Chacun s'habille de nouveau :
    Le temps a laissé son manteau.
     
     
     
    LA NOCE DES OISEAUX   

    (Jean-Claude Brinette)

     

    Les arbres se sont habillés de couleurs pastels,
    Jonquilles, crocus ont bravé la fraîcheur du temps,
    Que déjà, les oiseaux publient leurs noces dans le ciel.
    Neiges et froidures sont parties : " vive le Printemps ! "
     
    Immense symphonie, où des millions de fleurs,
    Se mélangent en un jour, aux bourgeons de velours
    D'un coup de baguette magique : le ciel sort ses couleurs
    Pour éblouir nos yeux, il devient troubadour.
     
    Dans un ballet de cabrioles fantastiques
    Les oiseaux dansent, s'accouplent et préparent leur nid,
    Guidés par une force invisible et mystique,
    Leur chant monte en hommage : au Maître de Symphonie.
     
    Les oiseaux se sont embrassés sur les branches,
    Et des angelots coquins ont ajusté leurs flèches...
    Etrange ! tout ce que le Printemps en un jour change !
     
    Les arbres se sont habillés de couleurs pastels,
    Tandis que sous leurs branches les amoureux de mèche,
    Se content fleurette quand roucoulent les tourterelles.

    Bonnes lectures à vous qui passez partager mes moments de rêveries.

    February 24

    La tête c'est bien ! les bras c'est mieux !

      Un poême qui donne à réfléchir mais qui conseil, aussi, d'agir ! Bonne lecture !

               Jean-Pierre Claris de FLORIAN 
    (1755-1794) Recueil: Fables


    Les deux jardiniers

    Deux frères jardiniers avaient par héritage
    Un jardin dont chacun cultivait la moitié ;
    Liés d'une étroite amitié,
    Ensemble ils faisaient leur ménage.
    L'un d'eux, appelé Jean, bel esprit, beau parleur,
    Se croyait un très grand docteur ;
    Et Monsieur Jean passait sa vie
    A lire l'almanach, à regarder le temps
    Et la girouette et les vents.
    Bientôt, donnant l'essor à son rare génie,
    Il voulut découvrir comment d'un pois tout seul
    Des milliers de pois peuvent sortir si vite ;
    Pourquoi la graine du tilleul,
    Qui produit un grand arbre, est pourtant plus petite
    Que la fève qui meurt à deux pieds du terrain ;
    Enfin par quel secret mystère
    Cette fève qu'on sème au hasard sur la terre
    Sait se retourner dans son sein,
    Place en bas sa racine et pousse en haut sa tige.
    Tandis qu'il rêve et qu'il s'afflige
    De ne point pénétrer ces importants secrets,
    Il n'arrose point son marais ;
    Ses épinards et sa laitue
    Sèchent sur pied ; le vent du nord lui tue
    Ses figuiers qu'il ne couvre pas.
    Point de fruits au marché, point d'argent dans la bourse ;
    Et le pauvre docteur, avec ses almanachs,
    N'a que son frère pour ressource.
    Celui-ci, dès le grand matin,
    Travaillait en chantant quelque joyeux refrain,
    Béchait, arrosait tout du pêcher à l'oseille.
    Sur ce qu'il ignorait sans vouloir discourir,
    Il semait bonnement pour pouvoir recueillir.
    Aussi dans son terrain tout venait à merveille ;
    Il avait des écus, des fruits et du plaisir.
    Ce fut lui qui nourrit son frère ;
    Et quand Monsieur Jean tout surpris
    S'en vint lui demander comment il savait faire :
    Mon ami, lui dit-il, voici tout le mystère :
    Je travaille, et tu réfléchis ;
    Lequel rapporte davantage ?
    Tu te tourmentes, je jouis ;
    Qui de nous deux est le plus sage ?

       
    December 24

    Discussion sur Le Noël des petits oiseaux

     Merci à Lacrapaude de m'avoir permis de copier-coller ce joli texte sur mon blog

    Citer

    Le Noël des petits oiseaux
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    Les verts sapins de la vallée
    Ce soir sont habillés de blanc
    Plus d'un petit oiseau frissonne
    Car il a neigé sur les toits
    Mais chut... voici l'heure qui sonne
    Entendez vous ces douces voix ?

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    {Refrain:}
    Il est minuit et Jésus vient de naître
    Pour protéger les nids et les berceaux
    Le ciel est bleu, le printemps va renaître
    Noël, Noël pour les petits oiseaux
    Noël, Noël pour les petits oiseaux

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    Merles pinsons, bergeronnettes
    Se réveillant tous à la fois
    Comme au bon temps des pâquerettes
    Soudain font retentir les bois
    Voyant que la neige étincelle
    Et que l'étoile brille aux cieux
    Ces chers mignons battant de l'aile
    Redisent dans leurs chants joyeux
     
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    {au Refrain}

    Les roitelets les rouges gorges
    Quittant les toits et les buissons
    Gazouillant comme au temps de mages
    Et l'air était plein de chansons
    Puis croyant au réveil du monde
    Et préparant déjà leurs nids
    Ils cherchaient de la laine blonde
    Pour abriter tous leurs petits


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    {au Refrain}

    Mais tout à coup la nuit s'achève
    Voici l'aurore au front vermeil
    Et ne sachant si c'est un rêve
    Chacun se dit "Quel doux soleil"
    Car Noël sur les plaines blanches
    A fait luire un beau rayon d'or
    Pis sur les toits et sous les branches
    On entend gazouiller encor
     
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    {dernier Refrain:}
    L'ombre s'enfuit, le jour vient de paraître
    Pour éclairer les nids et les berceaux
    Le ciel est bleu le printemps va renaître
    Noël, Noël pour les petits oiseaux
    Noël, Noël pour les petits oiseaux
     
     

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    Paroles et Musique: Camille Soubise, Ch.Pournay
    note: Fin du XIXeme siècle

    November 29

    Théodore de BANVILLE / Le cygne !

    Théodore de BANVILLE (1823-1891)
    (Recueil : Les exilés)
     
    Un moment de poésie par un auteur dont j'ai étudié un poème à l'école mais je ne me souvient plus lequel, dommage ! Ce texte est très beau à lire

     

     

    Les torts du cygne

     

    Comme le Cygne allait nageant
    Sur le lac au miroir d'argent,
    Plein de fraîcheur et de silence,
    Les Corbeaux noirs, d'un ton guerrier,
    Se mirent à l'injurier
    En volant avec turbulence.

    Va te cacher, vilain oiseau !
    S'écriaient-ils. Ce damoiseau
    Est vêtu de lys et d'ivoire !
    Il a de la neige à son flanc !
    Il se montre couvert de blanc
    Comme un paillasse de la foire!

    Il va sur les eaux de saphir,
    Laid comme une perle d'Ophir,
    Blanc comme le marbre des tombes
    Et comme l'aubépine en fleur !
    Le fat arbore la couleur
    Des boulangers et des colombes !

    Pour briller sur ce promenoir,
    Que n'a-t-il adopté le noir !
    Un fait des plus élémentaires,
    C'est que le noir est distingué.
    C'est propre, c'est joli, c'est gai ;
    C'est l'uniforme des notaires.

    Cuisinier, garde ton couteau
    Pour ce Gille, cher à Wateau !
    Accours! et moi-même que n'ai-je
    Le bec aigu comme un ciseau
    Pour percer le vilain oiseau
    Barbouillé de lys et de neige !

    Tel fut leur langage. A son tour
    Dans les cieux parut un Vautour
    Qui s'en vint déchirer le Cygne
    Ivre de joie et de soleil ;
    Et sur l'onde son sang vermeil
    Coula comme une pourpre insigne.

    Alors, plus brillant que l'Oeta
    Ceint de neige, l'oiseau chanta,
    L'oiseau que sa blancheur décore ;
    Il chanta la splendeur du jour,
    Et tous les antres d'alentour
    S'emplirent de sa voix sonore.

    Et l'Alouette dans son vol,
    Et la Rose et le Rossignol
    Pleuraient le Cygne. Mais les Anes
    S'écrièrent avec lenteur :
    Que nous veut ce mauvais chanteur ?
    Nous avons des airs bien plus crânes.

    Il chantait toujours. Et les bois
    Frissonnants écoutaient la voix
    Pleine d'hymnes et de louanges.
    Alors, d'autres êtres ailés
    Traversèrent les cieux voilés
    D'azur. Ceux-là, c'étaient des Anges.

    Ces beaux voyageurs, sans pleurer,
    Regardaient le Cygne expirer
    Parmi sa pourpre funéraire,
    Et, vers l'oiseau du flot obscur
    Tournant leur prunelle d'azur,
    Ils lui disaient : Bonsoir, mon frère.
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    November 25

    Hyme à l'amour

    Ma Bohème


    Je m'en allais, les poings dans mes poches crevées;
    Mon paletot soudain devenait idéal;
    J'allais sous le ciel, Muse, et j'étais ton féal;
    Oh! là là! que d'amours splendides j'ai rêvées!

    Mon unique culotte avait un large trou.
    Petit-Poucet rêveur, j'égrenais dans ma course
    Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse.
    Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou

    Et je les écoutais, assis au bord des routes,
    Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes
    De rosée à mon front, comme un vin de vigueur;

    Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,
    Comme des lyres, je tirais les élastiques
    De mes souliers blessés, un pied près de mon coeur!

    Arthur Rimbaud


    Le Dormeur du val


    C'est un trou de verdure où chante une rivière
    Accrochant follement aux herbes des haillons
    D'argent; où le soleil de la montagne fière,
    Luit; C'est un petit val qui mousse de rayons.

    Un soldat jeune bouche ouverte, tête nue,
    Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
    Dort; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,
    Pale dans son lit vert où la lumière pleut.

    Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
    Sourirait un enfant malade, il fait un somme:
    Nature, berce-le chaudement: il a froid.

    Les parfums ne font plus frissonner sa narine;
    Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine
    Tranquille. Il a deux trous rouges au coté droit.

    Arthur Rimbaud


    J'ai tant rêvé de toi


    J'ai tant rêvé de toi que tu perds ta réalité.
    Est-il encore temps d'atteindre ce corps vivant
    Et de baiser sur cette bouche la naissance
    De la voix qui m'est chère?

    J'ai tant rêvé de toi que mes bras habitués
    En étreignant ton ombre
    A se croiser sur ma poitrine ne se plieraient pas
    Au contour de ton corps, peut-être.
    Et que, devant l'apparence réelle de ce qui me hante
    Et me gouverne depuis des jours et des années,
    Je deviendrais une ombre sans doute.
    O balances sentimentales.

    J'ai tant rêvé de toi qu'il n'est plus temps
    Sans doute que je m'éveille.
    Je dors debout, le corps exposé
    A toutes les apparences de la vie
    Et de l'amour et toi, la seule
    qui compte aujourd'hui pour moi,
    Je pourrais moins toucher ton front
    Et tes lèvres que les premières lèvres
    et le premier front venu.

    J'ai tant rêvé de toi, tant marché, parlé,
    Couché avec ton fantôme
    Qu'il ne me reste plus peut-être,
    Et pourtant, qu'a être fantôme
    Parmi les fantômes et plus ombre
    Cent fois que l'ombre qui se promène
    Et se promènera allègrement
    Sur le cadran solaire de ta vie.

    Robert Desnos, "Corps et biens".

    C'est Peut-être Ça


    C'est peut-être ça
    L'amour, le grand amour
    C'est peut-être ça
    Qui m'a prise à mon tour
    Ce je ne sais trop quoi
    Qui fait froid dans le dos
    Et soudain donne chaud
    Quand tout le monde a froid...

    C'est peut-être ça
    Qui fait battre le coeur
    Et pendant des heures
    Vous fera rester là
    Devant un téléphone
    Pour entendre une voix
    Devant un téléphone
    Qui ne sonnera pas...

    C'est peut-être ça
    L'amour, le grand amour
    C'est peut-être ça
    Qui m'a prise à mon tour
    Ce sentiment brutal
    Lorsque tout allait bien
    De se sentir très mal
    Sans savoir d'où ça vient

    C'est peut-être ça
    Qui fait pleurer de rire
    Et vous fait courir
    A minuit sous la pluie
    Sous la pluie, sans manteau
    En gueulant qu'il fait beau
    En gueulant que la vie
    'y a rien de plus joli...
    Avant, juste avant
    D'aller se foutre à l'eau...

    C'est peut-être ça
    L'amour...Le Grand Amour!...

    Charles Dumont (Musique), Michel Vaucaire (Paroles)

    Une allée du Luxembourg


    Elle a passé, la jeune fille
    Vive et preste comme un oiseau :
    A la main une fleur qui brille,
    A la bouche un refrain nouveau.

    C'est peut-être la seule au monde
    Dont le coeur au mien répondrait,
    Qui venant dans ma nuit profonde
    D'un seul regard l'éclaircirait !

    Mais non, ma jeunesse est finie...
    Adieu, doux rayon qui m'as lui,
    Parfum, jeune fille, harmonie...
    Le bonheur passait, il a fui !

    Gérard de Nerval (Odelettes)

    Mon ami BRASSENS

    La rose, la bouteille et la poignée de main


    Cette rose avait glissé de
    La gerbe qu'un héros gâteux
    Portait au monument aux Morts.
    Comme tous les gens levaient leurs
    Yeux pour voir hisser les couleurs,
    Je la recueillis sans remords.

    Et je repris ma route et m'en allai quérir
    Au p'tit bonheur la chance, un corsage à fleurir.
    Car c'est une des pir's perversions qui soient
    Que de garder une rose par-devers soi.

    La première à qui je l'offris
    Tourna la tête avec mépris,
    La deuxième s'enfuit et court
    Encore en criant "au secours !"
    Si la troisième m'a donné
    Un coup d'ombrelle sur le nez,
    La quatrièm', c'est plus méchant,
    Se mit en quête d'un agent.

    Car, aujourd'hui, c'est saugrenu,
    Sans être louche, on ne peut pas
    Fleurir de belles inconnues.
    On est tombé bien bas, bien bas...

    Et ce pauvre petit bouton
    De rose a fleuri le veston
    D'un vague chien de commissaire,
    Quelle misère!

    Cette bouteille était tombée
    De la soutane d'un abbé
    Sortant de la messe ivre mort.
    Une bouteille de vin fin
    Millésimé, béni, divin,
    Je la recueillis sans remords.

    Et je repris ma route en cherchant, plein d'espoir,
    Une brave gosier sec pour m'aider à la boire.
    Car c'est une des pir's perversions qui soient
    Que de garder du vin béni par-devers soi.

    Le premier refusa mon verre,
    En me lorgnant d'un oeil sévère,
    Le deuxième m'a dit, railleur,
    De m'en aller cuver ailleurs.
    Si le troisième, sans retard,
    Au nez m'a jeté le nectar,
    Le quatrièm', c'est plus méchant,
    Se mit en quête d'un agent.

    Car aujourd'hui, c'est saugrenu,
    Sans être louche, on ne peut pas
    Trinquer avec des inconnus,
    On est tombé bien bas, bien bas...

    Avec la bouteille de vin
    Millésimé, béni, divin,
    Les flics se sont rincé la dalle,
    Un vrai scandale !

    Cette pauvre poignée de main
    Gisait, oubliée, en chemin,
    Par deux amis fâchés a mort.
    Quelque peu décontenancée,
    Elle était la, dans le fossé.
    Je la recueillis sans remords.

    Et je repris ma route avec l'intention
    De faire circuler la virile effusion,
    Car c'est une des pir's perversions qui soient
    Qu' de garder une poignée de main par-devers soi.

    Le premier m'a dit: "Fous le camp !
    J'aurais peur de salir mes gants."
    Le deuxième, d'un air dévot,
    Me donna cent sous, d'ailleurs faux.
    Si le troisième, ours mal léché,
    Dans ma main tendue a craché,
    Le quatrièm', c'est plus méchant,
    Se mit en quête d'un agent.

    Car aujourd'hui, c'est saugrenu,
    Sans être louche, on ne peut pas
    Serrer la main des inconnus,
    On est tombé bien bas, bien bas...

    Et la pauvre poignée de main
    Victime d'un sort inhumain,
    Alla terminer sa carrière
    A la fourrière !

    Georges Brassens

    Hymne à l'amitié masculine

    Les copains d'abord


    Non, ce n'était pas le radeau
    De la Méduse, ce bateau,
    Qu'on se le dis' au fond des ports,
    Dis' au fond des ports,
    Il naviguait en pèr' peinard
    Sur la grand' mare des canards,
    Et s'app'lait les Copains d'abord
    Les Copains d'abord.

    Ses fluctuat nec mergitur
    C'était pas d'la litteratur',
    N'en déplaise aux jeteurs de sort,
    Aux jeteurs de sort,
    Son capitaine et ses mat'lots
    N'étaient pas des enfants d'salauds,
    Mais des amis franco de port,
    Des copains d'abord.

    C'étaient pas des amis de lux',
    Des petits Castor et Pollux,
    Des gens de Sodome et Gomorrh',
    Sodome et Gomorrh',
    C'étaient pas des amis choisis
    Par Montaigne et La Boeti',
    Sur le ventre ils se tapaient fort,
    Les copains d'abord.

    C'étaient pas des anges non plus,
    L'Évangile, ils l'avaient pas lu,
    Mais ils s'aimaient tout's voil's dehors,
    Tout's voil's dehors,
    Jean, Pierre, Paul et compagnie,
    C'était leur seule litanie
    Leur Credo, leur Confiteor,
    Aux copains d'abord.

    Au moindre coup de Trafalgar,
    C'est l'amitié qui prenait l'quart,
    C'est elle qui leur montrait le nord,
    Leur montrait le nord.
    Et quand ils étaient en détresse,
    Qu'leurs bras lancaient des S.O.S.,
    On aurait dit les sémaphores,
    Les copains d'abord.

    Au rendez-vous des bons copains,
    Y'avait pas souvent de lapins,
    Quand l'un d'entre eux manquait a bord,
    C'est qu'il était mort.
    Oui, mais jamais, au grand jamais,
    Son trou dans l'eau n'se refermait,
    Cent ans après, coquin de sort !
    Il manquait encor'.

    Des bateaux j'en ai pris beaucoup,
    Mais le seul qui ait tenu le coup,
    Qui n'ai jamais viré de bord,
    Mais viré de bord,
    Naviguait en père peinard
    Sur la grand' mare des canards,
    Et s'app'lait les Copains d'abord
    Les Copains d'abord.

    Georges Brassens

    Un peu de poésie avec BAUDELAIRE

    Harmonie du soir


    Voici venir les temps ou vibrant sur sa tige
    Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir
    Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir
    Valse mélancolique et langoureux vertige

    Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir
    Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige
    Valse mélancolique et langoureux vertige
    Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir

    Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige
    Un coeur tendre qui hait le néant vaste et noir
    Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir
    Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige

    Un coeur tendre qui hait le néant vaste et noir
    Du passé lumineux recueille tout vestige
    Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige
    Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir

    Charles Baudelaire

     

    Les métamorphoses du vampire


    La femme cependant, de sa bouche de fraise,
    En se tordant ainsi qu'un serpent sur la braise,
    Et pétrissant ses seins sur le fer de son busc,
    Laissait couler ces mots tout imprégnés de musc:
    - "Moi, j'ai la lèvre humide, et je sais la science
    De perdre au fond d'un lit l'antique conscience.
    Je sèche tous les pleurs sur mes seins triomphants,
    Et fais rire les vieux du rire des enfants.
    Je remplace, pour qui me voit nue et sans voiles,
    La lune, le soleil, le ciel et les étoiles!
    Je suis, mon cher savant, si docte aux voluptés,
    Lorsque j'étouffe un homme en mes bras redoutés,
    Ou lorsque j'abandonne aux morsures mon buste,
    Timide et libertine, et fragile et robuste,
    Que sur ces matelas qui se pâment d'émoi,
    Les anges impuissants se damneraient pour moi!"
    Quand elle eut de mes os sucé toute la moelle,
    Et que languissamment je me tournai vers elle
    Pour lui rendre un baiser d'amour, je ne vis plus
    Qu'une outre aux flancs gluants, toute pleine de pus!
    Je fermai les deux yeux, dans ma froide épouvante,
    Et quand je les rouvris à la clarté vivante,
    A mes côtés, au lieu du mannequin puissant
    Qui semblait avoir fait provision de sang,
    Tremblaient confusément des débris de squelette,
    Qui d'eux-mêmes rendaient le cri d'une girouette
    Ou d'une enseigne, au bout d'une tringle de fer,
    Que balance le vent pendant les nuits d'hiver.

    Charles Baudelaire

    Evidemmment le vampire est une femme !

    Spleen


    Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
    Sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis,
    Et que de l'horizon embrassant tout le cercle
    Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits;

    Quand la terre est changée en un cachot humide,
    Où l'espérance, comme une chauve-souris,
    S'en va battant le mur de son aile timide
    Et se cognant la tête à des plafonds pourris;

    Quand la pluie étalant ses immenses traînées
    D'une vaste prison imite les barreaux,
    Et qu'un peuple muet d'infâmes araignées
    Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux,

    Des cloches tout à coup sautent avec furie
    Et lancent vers le ciel un affreux hurlement,
    Ainsi que des esprits errants et sans patrie
    Qui se mettent à geindre opiniâtrement

    - Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,
    Défilent lentement dans mon âme; l'Espoir,
    Vaincu, pleure, et l'angoisse atroce, despotique,
    Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.

    Charles Baudelaire


    May 13

    La prière du loup

    **Priére du Loup**
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    *Prière du Loup *
     
    En regardant dans mes yeux,

             S'il-te-plaît souviens-toi
    que je suis timide.

           Tu n'as rien à craindre.

          Car c'est Dieu qui
    nous a mis
            sur terre ensemble...

            Mon voeux serait de ne pas être
     si incompris.

      Après-tout c'est l'homme qui dit que je ne suis pas bon.

    Si l'homme pouvait prendre le temps d'apprendre comment

        Je suis réellement.

      Peut-être aurais-je la chance de demeurer de ce monde
     S'il ne tue pas ma famille.

        C'est votre choix de m'aider.

       À ce que les hommes voient,

    Que je ne suis pas un tueur comme on vous l'a fais croire.

    Je veux être compris et être libre...

     

     
    ©B Schmitz

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    April 22

    demain dès l'aube / V. HUGO

    Poême que j'aime particulièrement.
     
    Victor HUGO (1802-1885)
    (Recueil : Les contemplations)
     

    Demain, dès l'aube...

    Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
    Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
    J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.
    Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

    Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
    Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
    Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
    Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

    Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,
    Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
    Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe
    Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.



    Chant sur le berceau / V. HUGO

    Victor HUGO (1802-1885)
    (Recueil : L'art d'être grand-père)
     

    Chant sur le berceau

    Je veille. Ne crains rien. J'attends que tu t'endormes.
    Les anges sur ton front viendront poser leurs bouches.
    Je ne veux pas sur toi d'un rêve ayant des formes
    Farouches ;

    Je veux qu'en te voyant là, ta main dans la mienne,
    Le vent change son bruit d'orage en bruit de lyre.
    Et que sur ton sommeil la sinistre nuit vienne
    Sourire.

    Le poète est penché sur les berceaux qui tremblent ;
    Il leur parle, il leur dit tout bas de tendres choses,
    Il est leur amoureux, et ses chansons ressemblent
    Aux roses.

    Il est plus pur qu'avril embaumant la pelouse
    Et que mai dont l'oiseau vient piller la corbeille ;
    Sa voix est un frisson d'âme, à rendre jalouse
    L'abeille ;

    Il adore ces nids de soie et de dentelles ;
    Son coeur a des gaîtés dans la fraîche demeure
    Qui font rire aux éclats avec des douceurs telles
    Qu'on pleure ;

    Il est le bon semeur des fraîches allégresses ;
    Il rit. Mais si les rois et leurs valets sans nombre
    Viennent, s'il voit briller des prunelles tigresses
    Dans l'ombre,

    S'il voit du Vatican, de Berlin ou de Vienne
    Sortir un guet-apens, une horde, une bible,
    Il se dresse, il n'en faut pas plus pour qu'il devienne
    Terrible.

    S'il voit ce basilic, Rome, ou cette araignée,
    Ignace, ou ce vautour, Bismarck, faire leur crime,
    Il gronde, il sent monter dans sa strophe indignée
    L'abîme.

    C'est dit. Plus de chansons. L'avenir qu'il réclame,
    Les peuples et leur droit, les rois et leur bravade,
    Sont comme un tourbillon de tempête où cette âme
    S'évade.

    Il accourt. Reviens, France, à ta fierté première !
    Délivrance ! Et l'on voit cet homme qui se lève
    Ayant Dieu dans le coeur et dans l'oeil la lumière
    Du glaive.

    Et sa pensée, errante alors comme les proues
    Dans l'onde et les drapeaux dans les noires mêlées,
    Est un immense char d'aurore avec des roues
    Ailées.